Danston indifférence Dans ce long silence Je suis peu d'importance Si tu y penses Donne moi encore une chance Dans ce long silence Cauchemar intense Ma confidence C'est que tout
19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 1131 L'absurditĂ© est surtout le divorce de l'homme et du monde.» LâĂ©tranger » date de 1942. Il fait partie de la trilogie dite de lâabsurde ». Camus nâa alors que 28 ans. LâĂ©tranger » est pour lui le point zĂ©ro ». in Carnets II La lecture de ce court roman laisse une impression ambigĂŒe ; on est surpris par lâindiffĂ©rence du hĂ©ros voir plus bas, du coup le ressentiment gĂ©nĂ©ral Ă la fin de la lecture est Ă©tonnant quâais-je lu, quel est donc cet Ă©trange hĂ©ros oĂč rĂ©ellement peu de gens pourrait se reconnaitre. Est-il insensible ? Meursault voit et vit un autre monde inconnu pour nous, mais un monde oĂč le mensonge nâexiste pas. Un monde sensuel cependant, oĂč les jupes dâune femme, le soleil et la nature donnent raison de vivre. On connait tous les premiĂšres phrases du roman Aujourdâhui, maman est morte. Ou peut-ĂȘtre hier, je ne sais pas. J'ai reçu un tĂ©lĂ©gramme de l'asile MĂšre dĂ©cĂ©dĂ©e. Enterrement demain. Sentiments distinguĂ©s. » Cela ne veut rien dire. C'Ă©tait peut-ĂȘtre hier. » Tout ce qui est en bleu est de Camus, tout ce qui est en rouge a Ă©tĂ© glanĂ© sur le web Les Ă©ditions FrĂ©meaux & AssociĂ©s ont eu la trĂšs bonne idĂ©e de rĂ©cupĂ©rer la lecture faite par lâauteur en 1954 pour la radio de lâĂ©poque ORTF. Jâai achetĂ© ce petit coffret Label FREMEAUX & ASSOCIES ; voir la Librairie sonore »Livret de Roger Grenier. TrĂšs agrĂ©able dĂ©jĂ dâentendre la voix de Camus. MĂȘme essentiel tant cet Ă©crivain mâapparait aujourdâhui encore comme le chef de file dâune littĂ©rature dâexception que jâaimerais lire davantage. La lecture / diction de Camus est Ă©tonnante, au dĂ©but on est un peu déçu » par cette voix lĂ©gĂšrement nasillarde un peu trop plate, impersonnelle comme les acteurs de Robert Bresson on n'oublie pas cependant que jadis, jeune Camus fit du théùtre et par la vitesse excessive Ă mon humble avis de la diction ; mais au fil du rĂ©cit, la voix de lâauteur sâimpose avec clartĂ© et justesse et la fin est superbe et passionnĂ©e le discours avec lâaumĂŽnier !. Sâen suit un procĂšs oĂč chacun de ses gestes, de ses actions avant le meurtre devient plus important aux yeux de la cour que le meurtre en lui-mĂȘme. Meursault assiste, impuissant et passif, au jugement de son insensibilitĂ© ». Ce que la cour dĂ©finit comme de lâindiffĂ©rence, Meursault lâexplique simplement par cette phrase ⊠jâavais une nature telle que mes besoins physiques dĂ©rangeaient souvent mes sentiments ». La lecture par Camus transcende ces mots, et toute la chaleur, la langueur, la lenteur du texte transpire au long de ces trois disques. Cependant Ă la fin du roman, lorsquâun aumĂŽnier tente de le convaincre de sâen remettre Ă Dieu pour sauver son Ăąme, la voix de Camus devient tout Ă coup passionnĂ©e lâenregistrement sâachĂšve alors dans une tourmente Ă laquelle lâauditeur nâĂ©tait pas prĂ©parĂ©. Un disque indispensable Ă tout passionnĂ© de Camus. » Arno GUILLOU OEIL ĂLECTRIQUE Il est vrai qu'une telle lecture s'accorde Ă l'insensibilitĂ© de Meursault et au style du rĂ©cit, dans lequel Roland Barthes voyait une "parole transparente", un "style de l'absence."» Le roman met en scĂšne un personnage-narrateur, Meursault, vivant en "AlgĂ©rie française", celui-ci reçoit un tĂ©lĂ©gramme lui annonçant que sa mĂšre vient de mourir. Il se rend Ă lâasile de vieillards et assiste aux funĂ©railles sans prendre l'attitude de circonstance que l'on attend d'un fils endeuillĂ©, ce qui le desservira cruellement plus tard. Le narrateur est un modeste employĂ© de bureau, Ă Alger, qui dĂ©crit son existence journaliĂšre et mĂ©diocre, limitĂ©e au dĂ©roulement mĂ©canique de gestes quotidiens et Ă la quĂȘte instinctive de sensations Ă©lĂ©mentaires. Il vit dans une sorte de torpeur, une Ă©trange indiffĂ©rence au moment d'agir, il note d'ordinaire qu'on peut faire l'un ou l'autre et que ça lui est Ă©gal ». Il reprĂ©sente l'homme avant la prise de conscience de l'absurde, mais dĂ©jĂ prĂ©parĂ© Ă cet Ă©veil lucide sans illusion sur les valeurs consacrĂ©es, il se comporte comme si la vie n'avait pas de sens. L'effet produit sur le lecteur par une telle narration, objective et dĂ©primante, est cet Ă©cĆurement, qui selon Camus, est une bonne chose, car il nous conduit au sentiment de l'absurde. » Tout le texte est construit avec le passĂ© composĂ© ce qui donne Ă lâensemble un cĂŽtĂ© rapport de police » ou aveu » certain. On est tous coupable, nous disait-on dĂ©jĂ dans La chute ». Camus a un style de narration oĂč il aime Ă se montrer comme tĂ©moin, chroniqueur. La peste, la chute et lâĂ©tranger sont ainsi. Plus tard, il rencontre un voisin de palier qui l'invite Ă la plage. Ce dernier est souteneur et s'est montrĂ© brutal avec sa maĂźtresse mauresque ; il craint des reprĂ©sailles. Sur la plage, ils croisent deux hommes dont l'un est le frĂšre de la jeune femme. Une bagarre Ă©clate. Peu de temps aprĂšs, Meursault, accablĂ© par la chaleur et la lumiĂšre, marche seul sur la plage et rencontre Ă nouveau l'un des hommes prĂšs d'une source de fraĂźcheur. LâArabe - qui restera anonyme - sort son couteau ; Meursault serre le revolver que Raymond lui a prĂȘtĂ©. Abruti par la chaleur et la luminositĂ© agressive de l'aprĂšs-midi, Ă©bloui par le reflet du soleil sur le couteau, Meursault tire une fois, tuant lâArabe. Puis, quatre fois de plus, comme pour mettre fin Ă une existence heureuse. Ensuite il refuse de mentir Ă son procĂšs et se montre tel quâil est et sera condamnĂ© Ă mort. » Jâaimerais bien voir le film quâen a tirĂ© Visconti avec Mastroianni dans le rĂŽle principal, mais il est apparemment inexistant en DVD. Camus de son vivant avait refusĂ© toutes les adaptations cinĂ©matographiques. "Dans notre sociĂ©tĂ© tout homme qui ne pleure pas Ă l'enterrement de sa mĂšre risque d'ĂȘtre condamnĂ© Ă mort." Je voulais dire seulement que le hĂ©ros du livre est condamnĂ© parce qu'il ne joue pas le jeu. En ce sens, il est Ă©tranger Ă la sociĂ©tĂ© ou il vit, il erre, en marge, dans les faubourgs de la vie privĂ©e, solitaire, sensuelle. Et c'est pourquoi des lecteurs ont Ă©tĂ© tentĂ©s de le considĂ©rer comme une Ă©pave. Meursault ne joue pas le jeu. La rĂ©ponse est simple il refuse de mentir. [...] ...On ne se tromperait donc pas beaucoup en lisant dans L'Ătranger l'histoire d'un homme qui, sans aucune attitude hĂ©roĂŻque, accepte de mourir pour la vĂ©ritĂ©. Meursault pour moi n'est donc pas une Ă©pave, mais un homme pauvre et nu, amoureux du soleil qui ne laisse pas d'ombres. Loin qu'il soit privĂ© de toute sensibilitĂ©, une passion profonde, parce que tenace l'anime, la passion de l'absolu et de la vĂ©ritĂ©. Il m'est arrivĂ© de dire aussi, et toujours paradoxalement, que j'avais essayĂ© de figurer dans mon personnage le seul christ que nous mĂ©ritions. On comprendra, aprĂšs mes explications, que je l'ai dit sans aucune intention de blasphĂšme et seulement avec l'affection un peu ironique qu'un artiste a le droit d'Ă©prouver Ă l'Ă©gard des personnages de sa crĂ©ation. » A. Camus Dans LâEtranger, Camus nous raconte lâhistoire dâun homme qui erre dans la marge de la sociĂ©tĂ© dans laquelle il vit. Un homme nu » et qui se tient seul face Ă un monde absurde. Un homme qui refuse de jouer le jeu » de la sociĂ©tĂ© et qui, sans aucune attitude hĂ©roĂŻque, accepte de mourir pour la vĂ©ritĂ© », selon les propres termes de Camus. Meursault, un personnage apathique et indiffĂ©rent ? Meursault, le personnage narrateur, se prĂ©sente comme un homme dâune apathie et dâune indiffĂ©rence dĂ©concertantes. Son caractĂšre apathique est apparent dans sa propension Ă fournir le moins possible dâefforts dans la vie. Quand il ne voit pas Marie, il passe son dimanche Ă dormir ; il nâĂ©prouve mĂȘme pas le besoin de descendre de chez loi pour aller acheter du pain. Cette apathie est manifeste Ă©galement dans son comportement au bureau, avec ses collĂšgues et notamment vis-Ă -vis de son patron. Quand ce dernier lui propose une occasion dâĂ©voluer un poste Ă Paris, Meursault rĂ©pond quâun poste nâen vaut pas un autre et que cela lui est Ă©gal ». Cela mâest Ă©gal », cela ne veut rien dire ». Deux formules qui constituent le leitmotiv de lâindiffĂ©rence de Meursault Ă lâĂ©gard des ĂȘtres et des valeurs. A lâĂ©gard de la sociĂ©tĂ© Ă laquelle il ne sâidentifie pas. Meursault est indiffĂ©rent vis-Ă -vis des autres personnages, ses semblables quoiquâil ne leur ressemble point. Il ne cherche aucunement Ă nouer des relations avec eux et, par consĂ©quent, il ne nous dit pas long sur eux. Quand le vieux Salamano lui conte son histoire avec son chien, ou quand son autre voisin de palier, Raymond, lui propose dâĂȘtre son ami, il Ă©coute, il acquiesce, pourtant pour lui cela ne veut rien dire ». Enfin, quand Marie lui propose le mariage, union et communion sacrĂ©es, il accepte juste parce quâelle le lui demande. Sinon, avec Marie ou avec une autre femme, cela lui est Ă©gal ». Meursault est Ă©galement indiffĂ©rent vis-Ă -vis des valeurs. Je l'ai dit Ă propos du mariage. Mais il est aussi indiffĂ©rent vis-Ă -vis de la mort celle de sa mĂšre en est lâexemple parlant, de lâamitiĂ© ses relation avec ses voisins de palier, notamment avec Raymond et finalement de la justice. En effet, Meursault est indiffĂ©rent vis-Ă -vis de son procĂšs qui ne lui ressemble pas, comme tout le reste. Son avocat sâest substituĂ© Ă lui et dit je » Ă chaque fois quâil parle de son client. Ce dernier pense que cela signifie lâĂ©carter plus de son procĂšs, le rĂ©duire Ă zĂ©ro ». Il se sent alors loin de cette salle » et court aprĂšs des fragments de souvenirs pour retrouver le soleil Ă©clatant et le rire et les robes de Marie ». Si Meursault est indiffĂ©rent Ă tout et Ă tous, il est pourtant rĂ©ceptif Je l'ai expliquĂ© ci-haut, Meursault est un personnage apathique et indiffĂ©rent. Cependant, câest un homme rĂ©ceptif. Sâil est impassible vis-Ă -vis de tout ce qui puisse lui rappeler les Hommes, il ne reste pourtant pas insensible Ă la chaleur et Ă la lumiĂšre du soleil et au rire, notamment celui de Marie Elle a ri⊠elle a ri encore » / Elle a ri de telle façon que je lâai embrassĂ©e ». Meursault est trĂšs sensible aux Ă©lĂ©ments du cosmos la mer, le sable, lâeau, le ciel bleu mais surtout Ă la chaleur et Ă la lumiĂšre du soleil. Ces mĂȘmes Ă©lĂ©ments, ce mĂȘme soleil qui symbolise la fatalitĂ© conspirera au meurtre et, subsĂ©quemment, Ă la mise Ă mort de Meursault. Ne rĂ©pond-il pas au prĂ©sident de la cour lorsquâil lâinterroge sur le motif du crime que câĂ©tait Ă cause du soleil » ? Somme toute, Meursault est un homme qui a fait lâexpĂ©rience de lâabsurde qui l'a menĂ© au rejet des valeurs de la sociĂ©tĂ©. Cette mĂȘme sociĂ©tĂ© qui le condamnera Ă mort non pour le crime quâil a commis, mais pour son refus du mensonge ; pour son refus de lâhypocrisie sociale. Dans une attitude quelque peu messianique, nous semble-t-il, Camus conclut une entrevue Ă propos de LâEtranger en adoptant ces termes Jâai figurĂ© dans Meursault le seul christ que nous mĂ©ritons ». Naturellement, il ne sâagit pas du Christ le prophĂšte, mais du christ lâhomme qui a subi la Passion pour sa cause. Meursault a subi sa propre Passion » pour sa propre cause la vĂ©ritĂ©. Quand la sonnerie a encore retenti, que la porte du box s'est ouverte, c'est le silence de la salle qui est montĂ© vers moi, le silence, et cette singuliĂšre sensation que j'ai eue lorsque j'ai constatĂ© que le jeune journaliste avait dĂ©tournĂ© les yeux. Je n'ai pas regardĂ© du cĂŽtĂ© de Marie. Je n'en ai pas eu le temps parce que le prĂ©sident m'a dit dans une forme bizarre que j'aurais la tĂȘte tranchĂ©e sur une place publique au nom du peuple français... » > A. Camus prĂ©face de l'Ă©dition amĂ©ricaine âIl y a des conduites qui valent mieux que dâautres. Je cherche le raisonnement qui permettra de les justifier⊠» interview de Camus par GaĂ©tan Picon, in le littĂ©raire » 10-08-1946 Le monde oĂč vit M. Camus est une vaste prison, sur laquelle pĂšsent dâĂ©ternelles menaces. La nature elle-mĂȘme a mauvaise conscience. Baudelaire Ă©crivait homme libre toujours tu chĂ©riras la mer. » M. Camus Ă©crit seule la me, au bout du damier terne des maisons, tĂ©moignait de ce quâil y a dâinquiĂ©tant et de jamais reposĂ© dans le monde. » dans les descriptions quâil a faites des choses et des ĂȘtres, M. Camus, en homme qui ne veut que lâĂ©trange ou lâabsurde et par voie de consĂ©quence refuse le comique, se place au-delĂ de lâironie. Dâun obstinĂ© qui consacre ses journĂ©es entiĂšres Ă faire passer inutilement des pois dâune marmite dans une autre, il dit A en croire sa femme, il avait donnĂ© trĂšs jeune des signes de sa vocation. » Le mot vocation » a Ă©tĂ© placĂ© lĂ sans sourire et nâinvite pas au sourire. sur le plan oĂč se place M. Camus, la vocation de transvaser sans raison des petits pois en vaut une autre. Il propose de voir un hĂ©ros dans le fonctionnaire qui passe ses nuits Ă corriger lâunique phrase de son roman », oui, un hĂ©ros car cette forme dâhĂ©roĂŻsme-lĂ , elle aussi, en vaut une autre⊠Pour lui, une lumiĂšre grise Ă©gale se pose impartialement sur toutes choses. Nous sommes dans un monde sans joie, un monde de pierre, fatal et absurde. » Marcel ThiĂ©baut. Published by frenchpeterpan - dans Livres Coup de coeur
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Sortie il y a deux jours du dernier clip dâIndochine, collĂšge boy » rĂ©alisĂ© par Xavier clip fort et dĂ©rangeant fait le buzz » et relance la polĂ©mique sur la violence dans les Ćuvres artistiques. Il est proclamĂ© comme ayant Ă©tĂ© créé Ă des fins de sensibilisation contre le harcĂšlement scolaire. Un petit » -sic- article dâanalyse de rigueur sâ du clip - Attention Ăąmes sensibles, soyez prĂ©venues Lâaction se passe dans un internat. Un jeune homme suscite les moqueries et les turpitudes des ses camarades de classe. On assiste ensuite Ă son lynchage complet, allant des coups de pieds dans la poitrine jusquâĂ sa crucifixion et son exĂ©cution par commencer, un petit rĂ©capitulatif des impressions de rĂ©fĂ©rences du clip liste non exhaustive et non homologuĂ© par lâauteur du clip aux autres Ćuvres indochinoises. Remarquons en premier lieu que le clip est intĂ©gralement tournĂ© en noir et blanc. Si ce procĂ©dĂ© avait dĂ©jĂ Ă©tĂ© utilisĂ© pour pink water », le lac » ou bien encore crash me », cette approche monochromatique acquiert ici une vraie justification si, dâune part elle octroie au clip un certain charme esthĂ©tique et lui confĂšre une atmosphĂšre classique, câest surtout un bon moyen pour en estomper la brutalitĂ© iconographique de la les chuchotements du dĂ©but juste avant la sonnerie et la musique me font lĂ©gĂšrement penser Ă lâintro du clip tes yeux noirs » ou au dĂ©but de la version Punishment Park Dub » des versions longues »âŠEnsuite, la brĂšve course de lâĂ©tudiant peut Ă©voquer celle dâ Alice & June » et laisse place Ă lâapparition dâun lustre similaire Ă celui omniprĂ©sent dans le clip pink water ». En outre, le crucifiement avait dĂ©jĂ eu son allusion dans mao boy ». [âŠ] ***Abordons maintenant mon analyse des Ă©lĂ©ments qui se trouvent donnĂ©s dans ce Lâintensification de la violenceLe clip commence dans le silence assez troublant dâune classe studieuse. Il est interrompu par le bruit du froissement dâune feuille de papier et par les ricanements dâun des Ă©lĂšves. Tout sâamorce alors avec des jets des boulettes en papiers, actes somme toute assez anodins. Mais les agressions Ă caractĂšre discriminatoire vont trĂšs vite sâintensifier jusquâĂ dĂ©gĂ©nĂ©rer en pogrom assiste ainsi dans ce clip Ă cette escalade de violence. Le stylo qui est lancĂ© au dĂ©but et qui sâĂ©crase au sol point dĂ©jĂ comme un signe prĂ©curseur des violences Ă venir. De mĂȘme, le papier froissĂ© par les mains qui lâenserre peut sâinterprĂ©ter comme le destin de la victime qui sera elle aussi broyĂ©e. Cet effet annonciateur du pire Ă venir est surlignĂ© par la goutte de sang sur la joue du jeune homme â doit on y voir une larme de sang ? -, symbole dâune mort pensionnaire dĂ©couvre Ă sa sortie de classe que son casier sâest fait vandaliser. On remarque que le cadenas est ouvert, mĂ©taphore peut-ĂȘtre de son intimitĂ© violĂ©e Ă partir du moment oĂč il est sorti du placard ». Câest alors lâoccasion pour lui de contempler son reflet dans un miroir brisĂ©, allĂ©gorie au combien explicite de lâĂ©tat dâune identitĂ© ou vie, elle aussi brisĂ©e. Notons au passage que le trouble identitaire Ă©ventuellement causĂ© par toute diffĂ©rence est ici bien implicitement suggĂ©rĂ© par lâintervention des miroirs. Il apprends dâici que /sa/ vie ne sera pas facile - Chez les gens ». A partir de lĂ , il esquisse alors une fuite sa course qui ne pourra se rĂ©vĂ©ler que stĂ©rile, rattrapĂ© notamment par la complaisance incriminante et les moqueries de ses parents, leur beau monde quâil aime pourtant » scĂšne du repas de famille. Il pense alors Ă lâauto- dĂ©fense entrainement-dans le vide- dans sa chambre quâil nâaura pas Ă utiliser puisquâil se fera bientĂŽt rattraper par les violence monte dâun cran avec lâattaque au ballon de basket qui marque lâentrĂ©e dans la brutalitĂ© physique rĂ©elle. Avant, son identitĂ© nâĂ©tait rĂ©duite quâĂ lâĂ©tat dâombre sur laquelle on pouvait jeter des boulettes de papier. On va maintenant lui faire regretter son existence et accessoirement sentir par la douleur - et quelles douleurs il va prendre ! - quâil est bien vivant. Tout bascule Ă partir du moment oĂč il se fait jeter de lâescalier qui reprĂ©sente une excellente mĂ©taphore de la gradation aggravation dans lâĂ©chelle de la violence. Il est projetĂ© par dessus cet escalier et atterrit ainsi directement dans lâĂšre de la brutalitĂ© illimitĂ©e. Ce passage de basculement est trĂšs rĂ©ussi et notamment grĂące Ă lâapport des ralentis qui collent parfaitement Ă la musique dans les vestiaires et lâescalier. Un cap est dĂ©sormais franchit et la barbarie va pouvoir sâexprimer pleinement, dans toute sa dĂ©mesure. On voit cette victime se faire lyncher jetĂ©e Ă terre, rouĂ©e de coups dans le ventre et mĂȘme humiliĂ©e par les projections de crachat et de pisse. Puis vient sa crucifixion on le voit se faire planter un clou dans le bras - passage sans doute le plus horrible du clip - puis emporter pour ĂȘtre hissĂ© sur une croix et Ă©rigĂ© au milieu de la cour. Comme cette exposition sur lâĂ©chafaud cruciforme ne suffit pas, ses agresseurs dĂ©gainent des armes Ă feu et le mitraille dâune salve exĂ©cutrice. On pense alors voir un peu de rĂ©pit venir avec lâarrivĂ©e de ce que lâon suppose ĂȘtre des policiers mais ceux-ci, hĂ©sitants et sous les exhortations du chef des agresseurs, loin de mettre un terme Ă la situation en rajoutent une couche en tirant Ă leur tour au pistolet-taser sur lâĂ©tudiant dĂ©jĂ soulevons le fait que le crucifiĂ© est dĂ©corĂ© dâune guirlande lumineuse pour illustrer le cotĂ© magnĂ©tique de lâexĂ©cution qui nâest au fond quâune attraction, et pourrait on mĂȘme dire une fĂȘte. Lâindignation Ă©veillĂ©e par ce drame est dâautant plus forte que cette histoire se termine sans morale et sans happy-end. Pis encore, le regard dĂ©daigneux et cependant satisfait lancĂ© par le meneur des exactions, Ă la toute fin, lorsquâil se retourne victorieux est absolument offusquant. Le spectacle sâachĂšve lorsquâune espĂšce de cowboy siffle la fin de la recrĂ©ation au double sens du terme et alors que tout le monde rentre en cours, la vie peut reprendre son cours normal sous lâindiffĂ©rence LâindiffĂ©rence gĂ©nĂ©raleUn des points forts du clip et de sa rĂ©alisation est, pour moi, lâillustration de ce quâon peut appeler lâindiffĂ©rence gĂ©nĂ©rale ». Câest un concept politico-social qui se manifeste principalement dans les cas de violence faite Ă une personne ou une communautĂ© sous le regard nonchalant de son entourage par exemple dans les cas de maltraitance infantile, de violence conjugale, etc. et dâoĂč dĂ©coule notamment le prĂ©cepte de non assistance Ă personne en danger », mais plus gĂ©nĂ©ralement, je lâassocierais aussi Ă toute forme de racisme ou de discrimination. Son meilleur adversaire est lâindignation et ses plus proches soutiens, la peur ou le dĂ©sintĂ©rĂȘt⊠Bref, passons sur cette introduction philosophique pour en venir Ă ce qui nous intĂ©resse ici pour ce disais donc que college boy » donne ingĂ©nieusement Ă voir cette indiffĂ©rence gĂ©nĂ©ral face aux violences allant des simples petites agressions jusquâĂ la barbarie la plus infĂąme. Tout dâabord, nous voyons une maitresse dâĂ©cole qui ne fait pas attention aux agitations qui rĂšgnent dans sa classe. Elle sâen dĂ©tourne en, littĂ©ralement tournant le dos dĂ©jĂ aux petites agressions anodines harcĂšlement des Ă©lĂšves envers leur Lâaveuglement des enfantsEnsuite, câest lâaveuglement de lâensemble de ses camarades de classe qui est explicitĂ©. Si la plupart ne se prĂȘtent pas directement aux violences Ă son encontre, qui nâest le fait que dâune petite bande menĂ©e par un leader, ceux-ci partagent nĂ©anmoins, de par leur silence, une certaine connivence avec les agresseurs et les actes quâils sont en train de commettre sous leurs yeux voilĂ©s. Cette tacite complicitĂ© des tĂ©moins commence lorsque le garçon ayant marquĂ© un panier au basket pitiĂ© !, le clichĂ© du gars discriminĂ© qui a du talent et rĂ©ussit aurait pu ĂȘtre Ă©vitĂ© se fait acclamer par une bonne partie de ses camarades avant que les pompons des cheerleaders ne sâabaissent pour se fondre dans la plus totale indiffĂ©rence; premier passage oĂč les bandeaux sur les yeux apparaissent. A partir de ce moment prĂ©cis, tous les figurants prĂ©sents seront affublĂ©s de cette myopie caractĂ©risĂ©e. Ce clip sâimpose comme Ă©tant une reprĂ©sentation puissante dâun phĂ©nomĂšne paradoxal un spectacle invisible. La violence ordinaire constitue ce spectacle que plus personne ne voit. Un spectacle est dâaccoutumĂ© prĂ©sentĂ© pour ĂȘtre vu, or ici les spectateurs sont aveugles et demeurent assez impassibles. Ils sont lĂ , mais ne voient pas. Ils ne prennent pas conscience du tragique et de lâhorreur de la situation il y a en a mĂȘme qui sont en train de filmer avec leurs portables. Et pourtant, il semble quâils ne soient pas totalement insensibles Ă ce qui se passe puisque lâon peut apercevoir un des enfants qui Ă©chappe une larme, larme qui appelle au sang versĂ©. Cependant sa compassion reste Ă lâĂ©tat embryonnaire puisquâil ne rĂ©agit pas outre mesure par une contestation La complicitĂ© des adultesPar ailleurs, la violence se produit sous lâimpassibilitĂ© voire la complicitĂ© des autoritĂ©s et des rĂ©fĂ©rents familiaux et sociaux. Lors du repas familial, lĂ oĂč lâadolescent persĂ©cutĂ© pouvait espĂ©rer obtenir un peu de rĂ©confort, il nây a que moquerie et railleries. Les adultes que lâon pouvait penser responsables ne valent ici guĂšre mieux que les tortionnaires adolescents. Pire encore, les policiers sensĂ©s reprĂ©senter la loi, la justice, bref, lâautoritĂ© sociĂ©tale se mĂȘlent Ă lâexĂ©cution sĂ©grĂ©gationniste et aux moins lâun dâentre eux devient lui aussi, Ă son tour, bourreau par dĂ©fĂ©rence aux incitations hargneuses du conspueur en chef aprĂšs quelques hĂ©sitations. Remarquons que, eux aussi ont les yeux bandĂ©s par des foulards qui font office dâĆillĂšre. Enfin, on distingue derriĂšre une fenĂȘtre, lâombre de ce qui se suppose ĂȘtre lâun des professeurs, contemplateur isolĂ© ayant secrĂštement assistĂ© au spectacle, bien Ă lâabri derriĂšre ses rideaux quâil peut maintenant refermer. AprĂšs ce drame banalisĂ©, les gens peuvent Ă prĂ©sent regagner leur vie si tranquille » et leur beau monde ». Restent quelques bonnes sĆurs affolĂ©es nâarrivant que trop tard pour lesquelles je nâai pas dâinterprĂ©tation Ă donner, si ce nâest quâelles balancent leurs paperasses dogmatiquesâŠ3 CaractĂ©ristiques de la discrimination et dĂ©nonciation de ce comportementa LâintemporalitĂ© de la haine et de la discriminationAu dĂ©part, on pourrait penser que lâaction se passe dans une Ă©poque reculĂ©e dĂ©but du XXĂšme siĂšcle, câest du moins la premiĂšre impression qui est donnĂ©e par lâutilisation du noir et blanc » et par le ton du lieu oĂč se produit la scĂšne internat, uniforme, famille bourgeoise, etc. et que ces faits sont les erreurs dâun Ăąge archaĂŻque, mais non. Plusieurs Ă©lĂ©ments nous interpellent et nous font rappeler que cette intolĂ©rance est toujours dâactualitĂ© et encore bien rĂ©elle jâen veux pour cause, par exemple, les encore toutes rĂ©centes agressions commise Ă lâoccasion du dĂ©bat contre le mariage pour tous » en France.. Dans le clip, le portable -on en verra dâautres portables par la suite - qui vibre au tout dĂ©but nous ramĂšne immĂ©diatement Ă lâĂ©poque contemporaine. Donc, ce quâĂ©voque assez bien ce petit mĂ©trage, câest lâintemporalitĂ© de cette haine allant de lâantiquitĂ© la croix Ă lâheure la plus actuelle le taser.b Les figures du phĂ©nomĂšne discriminatoireEn outre, remarquons quâen matiĂšre de violence haineuse, les schĂšmes du leader instigateur » et du bouc-Ă©missaire» ne font ici pas dĂ©faut et sont mĂȘme plutĂŽt brillement rendus. Dâun cotĂ©, nous avons un chef de bande malicieux qui excelle dans son rĂŽle de bourreau du corps suppliciĂ© et, de lâautre, la figure du martyr * dans son sens le plus littĂ©ral. Le sadisme de lâun son sourire, son doigt sur la bouche en signe de ne pas hurler, etc. fait Ă©cho aux souffrances de lâautre qui doit encore en plus garder le silence et subir ses persĂ©cutions religieusement.Note Martyr* Personne Ă qui on a infligĂ© des supplices et/ou la mort parce qu'elle a refusĂ© d'abjurer sa foi ou, par extension, son identitĂ© - le figure la plus fameuse est celle du Un message de tolĂ©rance et une dĂ©nonciation opportune30 ans aprĂšs 3Ăšme sexe » une chanson pour pĂ©dĂ©s » selon la maison de disque de lâĂ©poque, la dĂ©fiance quand ce nâest pas de la pure haine Ă lâĂ©gard des personnes ayant une sexualitĂ© dĂ©viante est toujours dâactualitĂ©. DĂ©jĂ Ă lâĂ©poque le morceau prĂ©citĂ© sâimposait comme un hymne Ă la tolĂ©rance et maintenant encore durant les concerts, Nicola Sirkis de scander assez souvent des merci de votre tolĂ©rance » en intro de ce morceau. Aujourdâhui, câest un peu college boy » qui prend la relĂšve. Indochine a toujours prĂŽnĂ© une tolĂ©rance envers les diffĂ©rences sexuelles. Nombre de chansons du groupe Ă©voquent dâailleurs plus ou moins explicitement une certaine ambiguĂŻtĂ© sexuelle voire une variĂ©tĂ© assumĂ©e 3Ă©me sexe », canary bay », Pavillon rouge », salombo », trois nuits par semaine », tes yeux noirs », la machine Ă rattraper le temps », le baiser », Savoure le rouge », unisexe », kissing my song », steph2 », L'amoureuse », Justine », paradize », punker », le grand secret », marilyn », le manoir », gang bang », adora », un homme dans la bouche », vibrator »,etc. - le thĂšme est tellement omniprĂ©sent dans lâĆuvre indochinoise quâon devrait lui consacrer un article tout clip traite de lâhomosexualitĂ© et de la haine Ă son encontre thĂšme confirmĂ© par Nicola dans ses interviews mais il est mĂ©taphoriquement applicable Ă toute sorte de dĂ©testation envers tout ce qui est diffĂ©rent Ă©trangers, orientation sexuelle, religieuse, couleur de peau, etc.. Il est en consĂ©quence une mĂ©taphore de la dĂ©fiance ambiante envers tous les comportements qui apparaissent comme divergents. PoussĂ©e Ă lâextrĂȘme, elle se traduit par des actes dâune grande brutalitĂ©. Câest cette violence qui est mise en scĂšne ici par un procĂ©dĂ© dâexagĂ©ration. Le clip dĂ©nonce ainsi deux types de souffrances la premiĂšre est purement morale, psychique harcĂšlement, moqueries âŠ, la seconde est brutale, physique les coups, les tirs, la crucifixion. Câest la premiĂšre qui est dans la plupart des cas ambiante et presque normalisĂ©e et le clip sâentend la dĂ©noncer par la dĂ©monstration de la seconde qui est volontairement accentuĂ©e, surexposĂ©e, dĂ©cuplĂ©e. La surdose de violence fusillade et crucifiement, disproportionnĂ©e un simple tabassage aurait pu suffire ? nâest quâun judicieux moyen de rendre la dĂ©nonciation plus percutante. Ce clip est choc. Le message quâil porte nâest est que plus efficace et câest tant petites mĂ©chancetĂ©s du dĂ©but sont mises en parallĂšle avec la surenchĂšre de la fin radicalitĂ© du chĂątiment par lâexĂ©cution et la crucifixion pour montrer quâil nây a pas de petites violences et que la frontiĂšre qui fait passer de lâune Ă lâautre reste tĂ©nue. Lâabsence de punition des tortionnaires Ă la fin semble ĂȘtre un oubli dĂ©libĂ©rĂ© comme pour nous rappeler aussi que le ventre est encore fĂ©cond, d'oĂč a surgi la bĂȘte immonde. »Reste encore lâĂ©nigmatique Merci » susurrĂ© par le martyr Ă la toute fin. A qui sâadresse-t-il, comment le comprendre ? Peut-ĂȘtre est-ce une maniĂšre de parachever sa sacralisation en tant que figure christique sacrificielle ? Je vous laisse le soin de lâinterprĂ©ter comme bon vous superflue jâai constatĂ© un faux raccord » dans ce clip le premier que je trouve par moi-mĂȘme ! au moment oĂč lâun des tortionnaires sort son pistolet mitrailleur dâun sac posĂ© Ă ses pieds Ă 4min30, sac qui disparait sur le plan suivant ! Mais ceci nâest pas grave et on pardonne facilement au rĂ©alisateur, car dans un clip, on peut supposer que la temporalitĂ© est altĂ©rĂ©eâŠAddenda En conclusion, je dirais quâIndochine signe lâun de ses plus grands clips Ă la fois esthĂ©tiquement honorable proche dâun pink water » ou dâun le lac » et symboliquement fort car en partie engagĂ© intentionnellement assimilable Ă un jour dans notre vie ». Il sâimpose comme Ă©tant une dĂ©nonciation bouleversante et percutante du harcĂšlement Ă lâĂ©cole. Il se rĂ©vĂšle comme une sorte de court american history X » homosexuel poignant, le symbolisme chrĂ©tien en plus. Il est trĂšs rĂ©ussi et prend par un certain cotĂ© une allure de scĂ©nette pouvant ĂȘtre tirĂ© dâun trĂšs bon Tarantino. La dramaturgie crĂ©e par les ralentis est exquise. Il a rĂ©veillĂ© ma passion pour cet art inconsidĂ©rĂ© quâest le clip. Avec sa rĂ©alisation soignĂ©e et sa photographie lĂ©chĂ©e parsemĂ©e de multiples petits plans qui sont autant dâĂ©clairs de gĂ©nie, il confine Ă la perfection. Il est digne des plus grands clips jamais rĂ©alisĂ©s. Les acteurs sont excellent le garçon qui joue la victime mais surtout le leader au visage dâange â qui me fait incroyablement penser Ă ce connard dâAlvaro dans la sĂ©rie physique ou chimie ». Bref, il est dĂ©sormais Ă classer parmi mes clips prĂ©fĂ©rĂ©s si ce nâest mon prĂ©fĂ©rĂ© du moment, aprĂšs avoir passĂ© pas mal de temps sur son analyse avec Steph 2 » Ă lâĂ©poque lui aussi censurĂ© !, mon dieu !, mao boy », Marylin », Crash me », Little dolls », savoure le rouge », Les tzars », ou bien encore Punishment park ».Je ne pourrai dĂ©sormais plus Ă©couter cette musique de la maniĂšre dont je le faisais avant dâavoir vu ce clip, ses images restant en ma mĂ©moire et apparaissant subrepticement au cours de mes nombreuses jâai dĂ©couvert Ă lâoccasion de cette rĂ©daction que le mot crucial » Ă originairement la signification de qui est en forme de croix ».PS2 jâai Ă©coutĂ© la chanson Kill nico »juste aprĂšs avoir vu ce clip, avec des lalalalala » ce qui mâa fait je dois lâavouer un drĂŽle dâeffet ! Appendice DĂ©fense de lâutilisation de la violence dans les Ćuvres artistiquesCommentaire sur le procĂšs fait Ă ce clip et aux Ćuvres illustrant la violence en gĂ©nĂ©ral. Pauvre conne ! Evidement que si, il y a une esthĂ©tique de la violence elle se veut mĂȘme plutĂŽt cathartique. Quand Ă lâesthĂ©tique de la mort » encore plus Ă©videment, oui. Câest mĂȘme lĂ que se trouve la quintessence artistique, câest, Madame, que vous nâavez absolument rien compris Ă lâart ! ni Ă la vie Retournez dans votre taniĂšre ! [Nous ne dĂ©velopperons pas car nous serions hors-sujet.]De plus, ici, la violence nâest ici pas gratuite a ce quâon peut lui reprocher principalement â par exemple dans des jeux vidĂ©os met sert une dĂ©nonciation. Elle choque peut-ĂȘtre mais ce nâest que pour mieux la dĂ©sapprouver. Et si ce clip crĂ©e la polĂ©mique, ça en dĂ©coincera peut-ĂȘtre certains. Il y en a assez de cette mode de la violence"» mais, ma pauvre, câest le monde qui est violent et les hommes qui sont cruels ! - lâart ne fait quâimiter ou sublimer cette violence. Retournez dans votre monde des bisounours, Madame la bouffonne ! ;-Bien sur, la violence ordinaire est beaucoup moins choquante et ne mĂ©rite aucune indignation. Mais lorsquâelle est utilisĂ©e Ă des fins artistique ou morale, ah, on crie au scandale. Honte Ă vous qui ne la comprenez au passage, il faudrait arrĂȘter de se foutre de la gueule des gens, ce clip dĂ©range, certes, par ses images mais nâest ce pas aussi par la dĂ©nonciation quâil porte ?Quand on voit des photos de cancer sur les paquets de cigarette, des films dâaccidents pour la sĂ©curitĂ© routiĂšre, et tous les soirs des massacres Ă coup de bombes et mitraillettes aux informations tĂ©lĂ©visĂ©es sans que ça ne dĂ©range personne, ni ne soulĂšve la moindre Ă©motion, mais Ă part ça, ce clip est trop violent. ArrĂȘtez votre hypocrisie ! [Le CSA nâest quâune vaste entreprise de fumisterie emplie dâhypocrisie.] Câest une chanson, ce n'est pas une Ćuvre d'art et d'essai donc ça n'a pas sa place en journĂ©e sur des chaĂźnes de musique». Une chanson nâest pas une Ćuvre dâart ! Et voilĂ que ça travaille au comitĂ© de censure. Et bien !, et ça dit de telles idioties⊠Et maintenant voilĂ notre belle rĂ©publique, notre belle France ! On censure lâArt Ă la tĂ©lĂ©, lâart qui Ă©lĂšve et qui dĂ©nonce, mais par contre on autorise des tas de mĂ©diocritĂ©s telles que la tĂ©lĂ©rĂ©alitĂ© et autre inepties avilissantes pour lâhomme. Honte Ă vous ! Pour moi, câest ces rĂ©actions qui son presque Ă©cĆurantes. Si, lâutilisation se justifie.Par ailleurs, je comprends que ce clip est assez brutal et quâil faut prĂ©venir les Ăąmes sensibles » notamment les enfants, je comprends que certains veulent le censurer ils font le travaille mais il y a un art et une maniĂšre de le justifier et de le outre, ce clip peut ĂȘtre mesinterprĂ©tĂ© comme lĂ©gĂšrement blasphĂ©matoire mais nâest-ce pour mieux dĂ©noncer lâhypocrisie/confusion de la religion chrĂ©tienne puisquâelle condamne depuis toujours lâhomosexualitĂ© - et donc incite les violences dans la mesure oĂč elle en donne une lĂ©gitimation doctrinale/idĂ©ologique et prĂŽne cependant par ailleurs lâamour et la fraternitĂ©âŠPS dĂ©cidĂ©ment, je crois que la sottise est une chose inhĂ©rente au nom de famille Laborde ! retourne Ă la mĂ©tĂ©o voir ton homonyme !Pour poursuivre la rĂ©flexion, quelques liens assez bonne analyse articles rajoutĂ©s aller plus loin â une bonne analyse sur un site consacrĂ© au analyse de clip dâindo une bonne vidĂ©o de critiques de presse SupplĂ©ment d'analyseCe clip occupe mon esprit de puis sa sortie et je me suis rendu compte que ma prĂ©cĂ©dent analyse nâĂ©tait pas assez complĂšte notamment grĂące Ă ma lecture de certains articles et de leurs commentaires mais aussi aprĂšs une visite sur lâindo-forum, jâai donc dĂ©cidĂ© de revenir sur un certain nombre dâĂ©lĂ©ments afin de les complĂ©ter ou de les reprĂ©ciser La premiĂšre des choses Ă dire est quâun clip doit avoir pour but de servir une chanson, dâen donner une illustration plus ou moins fidĂšle des paroles, de la sublimer, de lui rendre hommage, dâen constituer un prolongement ou encore de lui donner un Ă©cho diffĂ©rent. Quelque soit le lâobjectif visĂ© quâon lui accorde, on peut dire quâici, il est parfaitement atteint câest du moins mon avis â Et cette analyse entend justement de le prouver. A quoi cette rĂ©ussite qui sacralise ce clip en tant que vĂ©ritable chef dâĆuvre artistique est elle due ?1 De la correspondance du clip aux paroles de la chansonLa premiĂšre difficultĂ© repose sur lâambigĂŒitĂ© intrinsĂšque des paroles de la chanson Ă©crite par Nicola Sirkis. Comme toujours chez lui, chose que seul les fans comprennent, pour les autres câest naĂŻf » elles sont assez Ă©quivoques, subtiles et mystĂ©rieuses - dâoĂč la certaine sensualitĂ© qui sâen dĂ©gage. On ne sait pas vraiment ce quâil a voulu dire, ce qui laisse lâinterprĂ©tation ouverte Ă tous et autorise la pluralitĂ© de sens donnĂ©s qui sera diffĂ©rent pour chacun selon la maniĂšre dont il reçoit la chanson et lâimpression quâelle lui laisse de lĂ les dĂ©bats entre les fans ; et câest surtout ce qui fait aussi la vĂ©ritable richesse et beautĂ© dâun Ă cela, ce qui pose aussi problĂšme, câest prĂ©cisĂ©ment le fait que cette chanson peut se diviser en au moins deux parties pas forcĂ©ment complĂ©mentaires ou homogĂšne une premiĂšre partie sur le vĂ©cu de la diffĂ©rence premier couplet et ce qui est montrĂ© dans le clip, et une seconde partie plus sensuelle ou Ă©rotique le gout du lait sur ta peau », Oui, j'ai le droit /De te faire ça [âŠ] /Le droit d'ouvrir tes jambes » et laissĂ© de cotĂ© dans le clip.Pour ĂȘtre plus comprĂ©hensible, voici les paroles en intĂ©gralitĂ© de la chanson. Voyez par vous-mĂȘme J'apprends d'ici que ma vie ne sera pas facile Chez les gens Je serai trop diffĂ©rent pour leur vie si tranquille Pour ces gens I want to see you J'aime pourtant tout leur beau monde Mais leur monde ne m'aime pas, c'est comme ça Et souvent j'ai de la peine quand j'entends tout ce qu'ils disent derriĂšre moi Mais moi j'ai le droit quand tu te rĂ©veilleras Oui, j'ai le droit De te faire ça quand tu te rĂ©veilleras Le droit d'ouvrir tes jambes Quand tu te rĂ©veilleras Oui, j'aime ça Le goĂ»t du lait sur ta peau, j'ai le droit LĂ oui nous sommes en vie Comme tous ceux de nos Ăąges Oui nous sommes le bruit Comme des garçons en colĂšre Je comprends qu'ici c'est dur d'ĂȘtre si diffĂ©rent pour ces gens Quand je serai sĂ»r de moi Un petit peu moins fragile, ça ira I want to see you LĂ oui, nous sommes le bruit Comme un cerf en colĂšre Oui, nous sommes le fruit Comme des filles en colĂšre Tu me donnes ta vie Et nous traverserons les ciels J'ai le droit Ă tous les endroits De te faire ça, Ă tout les endroits J'ai quand mĂȘme bien le droit Oui de te faire ça Oui, j'ai le droit oui, de te faire ça A nos gloires ici-bas pour se revoir A nos rages On a le droit de se voir A la gloire ici-bas Pour se revoir A nos gloires... »Donc, Ă lâ affirmation Les paroles de la chanson ne colle pas au clip », je rĂ©pondrais, pour couper souffle Ă toute polĂ©mique, que dâune part elle nâa pas a le faire intĂ©gralement il ya toujours des passages-mots qui sont mis de cotĂ©, et, se serait un drame que chaque mot renvoie systĂ©matiquement Ă une image correspondanteâŠ, que, dâautre part, lâĂ©cart entre lâimage et le texte crĂ©e justement une fructuositĂ© hermĂ©neutique richesse des interprĂ©tations et câest donc plutĂŽt un gage de qualitĂ©, mais aussi et surtout que, la chanson pouvant ĂȘtre interprĂ©tĂ©e de diverses maniĂšres, Dolan nâa fait quâen donner une particuliĂšre avec sa vision personnelle dâartiste-rĂ©alisateur. Ensuite, quâaillant engagĂ© certains parti pris nĂ©cessaire Ă toute rĂ©alisation choix dâaxer le clip sur lâultra-violence plutĂŽt que de la simplement suggĂ©rer dâune certaine façon le sens en est limitĂ©, mais le rĂ©alisateur a cependant su se montrer assez habile et ingĂ©nieux pour pouvoir laisser libre court Ă de multiples interprĂ©tations le merci » final, les bonnes sĆurs, la scĂšne du repas familial, le cow boy, la symbolique de la crucifixion etc. â ce sur quoi nous reviendrons plus tard.Par surcroĂźt, on pourrait mĂȘme poser lâhypothĂšse que le dĂ©calage, voire la profonde antinomie entre la violence crue de la scĂšne et la sensualitĂ© des paroles sirkissienne, loin dâĂȘtre une totale incomprĂ©hension ou une nĂ©gligence du rĂ©alisateur serait plutĂŽt un procĂ©dĂ© astucieux prompt Ă soulever chez nous une indignation encore plus forte et donc une rĂ©action face au phĂ©nomĂšne du harcĂšlement scolaire. En effet, on peut supposer que le clip et ses images nous placent un peu plus du cotĂ© des agresseurs violence, acharnement, actions observĂ©es alors que les paroles tendraient Ă nous rapprocher des pensĂ©es et ressentis de la victime aussi, on peut imaginer que les paroles sont bel et bien les pensĂ©es de la victime au moment de ses agressions, ce qui nous ouvre alors les portes Ă une interprĂ©tation encore plus pĂ©nĂ©trante et sĂ©millante. Nous aurions donc alors livrĂ© les actions des agresseurs visuellement et directement les rĂ©actions que cela peut occasionner sur la victime auditivement ce qui et dâautant plus instructif et en fait un message pĂ©dagogique plus outre, on peut penser que le clip correspondrait mieux Ă dâautres paroles de chansons du groupe par exemple popstitute » ou dark » en collent le se faire aimer » sur la scĂšne de tabassage mais bon, cette idĂ©e devient vite injustifiĂ©e au vu de ce qui a dĂ©jĂ Ă©tĂ© dit et aussi quand on voit lâeffort de concordance du film avec la musique principalement avec les ralentis, je trouve cette polĂ©mique un peu vaine. De plus fait-on un tel procĂšs Ă dâautres clips -beaucoup moins rĂ©ussi !- qui, la plupart du temps nâont aucune espĂšce de rapport avec la musique Ă laquelle ils sont associĂ©s? Le fait que college boy » comporte un certain degrĂ© de violence ne justifie pas quâon remette en cause sa lĂ©gitimitĂ© dâillustration rĂ©ussie de la chanson car il lâest, incontestablement pas plus quâon ne doit mettre en doute ses qualitĂ©s artistiques subsidiaire Ă lâinterprĂ©tation des paroles et du clip pourquoi serait-il ici question dâhomosexualitĂ© ?En premier lieu, parce que câest suggĂ©rĂ© par les paroles pas explicitement affirmĂ©, certes et fait lâojet dâun accord tacite entre les interprĂ©tants gĂ©nĂ©ralement les fans et de par lâaveu du parolier Nicola Sirkis A la base College Boy » est bien une chanson contre l'homophobie, nĂ©e en rĂ©action aux commentaires de Sexion d'Assaut.. Pour preuve, ce petit extrait dâinterview De quoi parle cette chanson? Nicola Sirkis Au dĂ©part, câĂ©tait une chanson sur lâindiffĂ©rence, lâintolĂ©rance au sens large. Ensuite, elle a Ă©tĂ© rattrapĂ©e par lâactualitĂ© avec toutes les manifestations qui ont eu lieu contre le mariage gay, les discours nâest pas le propos du clip⊠Non, mais jâai laissĂ© carte blanche au rĂ©alisateur â Xavier Dolan â qui met en scĂšne son point de vue, assez proche de lâintention de dĂ©part de la chanson.» bien encore les discours de Nicola par exemple sur cette vidĂ©o , en intro de college boy en concert ce qui concerne le clip plus particuliĂšrement, il y a bien quelques allusions que lâon peut admettre ou non. Je vais essayer de les rĂ©pertorier ici La premiĂšre et la plus manifeste, est, sans doute, la scĂšne ou le jeune homme se fait retirer son verni Ă ongle par sa mĂšre Ă 2min18 â je nâai pas vu beaucoup dâhommes hĂ©tĂ©rosexuels qui mettent du verni Ă part peut-ĂȘtre sâils sont comĂ©diens, et encore⊠et encore moins un adolescent⊠- Mais cela est juste effleurĂ© est se laisse deviner par les second Ă©lĂ©ment qui peut nous le faire penser, est le garçon qui lâapplaudi quand il marque un panier au basket il pourrait ĂȘtre son petit copain et qui devient subitement une pom-pom-girls juste aprĂšsâŠEnfin, dâautres Ă©lĂ©ments, un peu plus poussĂ©s qui relĂšvent surement dâun dĂ©lire interprĂ©tatif peuvent ĂȘtre avancĂ©s la mĂ©taphore du placard suggĂ©rĂ©e plus haut dans lâanalyse ; le fait quâil se fasse pisser dessus traitement rĂ©servĂ© dans le but de salir et humilier la personne avec un mĂ©pris, une rĂ©pugnance exacerbĂ©e, qui, pour moi, nâaurait pas lieu dâĂȘtre dans une agression normale » mais se retrouve dans une agression Ă caractĂšre homophobe⊠; et aussi le personnage de cowboy Ă la fin qui siffle la fin du combat peut ĂȘtre interprĂ©tĂ© comme une figure de lâhĂ©tĂ©ro pur et dur si on fait exception du film Brokeback Mountain »âŠMais, tous ces Ă©lĂ©ments sont assez subtiles pour seulement le suggĂ©rer et laissez libre cours Ă toutes les interprĂ©tations et ils ne font office que de dĂ©tails, ce qui accorde donc une portĂ©e plus gĂ©nĂ©rale au message de tolĂ©rance et heureusement. Si le message ne concernait seulement que la communautĂ© gay, il nâaurait peut-ĂȘtre pas eu la mĂȘme portĂ©e et le fait de ne pas avoir mis ça en avant permet de rendre la dĂ©nonciation du phĂ©nomĂšne de harcĂšlement scolaire en gĂ©nĂ©ral. On connait tous la perversitĂ© des enfants et ados envers leurs camarades, ils peuvent parfois se montrer trĂšs cruels dans leurs comportements. Or, un peu comme par un instinct animal qui leur resterait, les jeunes en bande choisissent un souffre-douleur avec le reflexe du prĂ©dateur qui sâen prend toujours Ă une proie plus faible, isolĂ©e celui qui ne fait pas partie de la meute, qui en est exclu, ou qui ne sây est pas intĂ©grĂ©. Câest pourquoi les gamins originaux, marginaux sont des proies de luxe pour ces agresseurs. LâhomosexualitĂ© Ă©tant un hĂ©tĂ©roclitisme parmi tant dâautres, elle peut vite devenir une raison toute trouvĂ©e pour cet acharnement. Est-ce le cas du garçon dans le clip, on ne peut le savoir avec certitude. [Mais, Ă ceux qui se sentent assez forts pour martyriser les autres, mefiez-vous, car on est toujours le marginal dâun autre et vous feriez mieux de faire attention !]2 La richesse de ce clip A La richesse interprĂ©tative, une puissance de suggestion Outre la qualitĂ© esthĂ©tique et artistique du clip qui se retrouve tant dans le dĂ©tail que dans sa globalitĂ© somptuositĂ© des plans, image par image ; le raccord son-image ; le rythme appropriĂ© ; les dĂ©cors et les costumes corrects, le jeu dâacteurs soignĂ©, le ton donnĂ© Ă la fois lĂ©gĂšrement surrĂ©aliste profondĂ©ment symbolique ; la luxuriance des rĂ©fĂ©rences, etc., câest aussi la puissance de suggestion, la fĂ©conditĂ© hermĂ©neutique qui sâen dĂ©gage qui le sont les Ă©lĂ©ments ambigus du clip qui en font une vĂ©ritable Ćuvre ce qui caractĂ©rise les grandes Ćuvres dâart est le fait que chacun puisse y voir ce quâil veut, qui lui donne sa force, et cela mieux que si tout Ă©tait donnĂ© explicitement. Sa puissance dâĂ©vocation Ă©tant telle que jâai envie de revenir sur quelques Ă©lĂ©ments oubliĂ©s dans ma premiĂšre analyse. Donc, hormis tout ce que jâai pu dire auparavant, voici quelques nouvelles hypothĂšses interprĂ©tatives qui peuvent ĂȘtre proposĂ©es Nombre dâĂ©lĂ©ments tendent Ă insister sur lâisolement que vit ou ressent celui qui est maltraitĂ©. Tout dâabord le silence malaisĂ© du dĂ©but renvoie Ă lâaveuglement de son entourage. Les murmures et lâombre qui le reprĂ©sente quand il se fait assaillir de boulettes de papier montre que son identitĂ© sâefface et cela traduit bien sa solitude. Dâautre part, le sms quâil reçoit au dĂ©but est probablement une menace envoyĂ©e par un des Ă©lĂšves donc on peut penser que parmi ceux qui lâimportune, il y en a qui font partie de ses amis » proches. La scĂšne du repas familial retranscrit bien la divergence et la futilitĂ© des prĂ©occupations de ses proches par rapport Ă ses problĂšmes et la distance entre eux accentue cette idĂ©e dâisolement. De mĂȘme, lorsquâil se retrouve seul dans sa grande chambre. En outre, il est seul Ă ĂȘtre la victime alors que les agresseurs sont en bande et les spectateurs en foule. Enfin, il nâaura pas non plus de rĂ©confort et de soutien de la part des forces de lâ des dĂ©tails sur lequel je ne mâĂ©tais pas arrĂȘtĂ©, est le fait que lorsquâil court, il est en chaussette ; on peut donc supposer, quâil y a encore eu un degrĂ© franchi dans le harcĂšlement durant lâellipse il sâest fait rackettĂ©.Le plan ou lâon voit les enfants aux yeux bandĂ©s filmer ou photographier le drame sur leur portables est une critique flagrante bien que fugace de la sociĂ©tĂ© du spectacle qui surexpose les victimes, voire se rĂ©jouit de leur sort en toute inconscience et sans vergogne. Cela trahit aussi un plaisir secret Ă la violence du temps que lâon en est pas sa la mĂ©taphore de la croix est Ă©loquente, elle exprime le chemin de croix » quâendure une victime de harcĂšlement ici, le garçon, tout comme le christ, doit trainer sa croix jusquâĂ lâĂ©chafaud. Il y aussi surtout le merci », on ne peut plus Ă©quivoque, prononcĂ© Ă la fin qui autorise toutes les interprĂ©tations, dont voici quelques-unes des plus probables PrĂ©cisons avant tout que la signification en change selon le destinataire quâon lui peut ĂȘtre adressĂ© au groupe Indochine et au rĂ©alisateur Xavier Dolan qui ont permis de mettre en exergue sa pourrait aussi ĂȘtre Ă lâintention de ses bourreaux voire des policiers qui au moins en Ă©tant aussi radicaux ont mis un terme Ă ces supplice. Une sorte de merci de dĂ©livrance, en peut ĂȘtre adressĂ© Ă nous, spectateurs, pour avoir regardĂ© ce clip en entier, et/ou pour avoir compatit Ă sa peine ; oĂč, plus ironiquement encore, pour ne pas rĂ©agir dans le cas prĂ©sent ou dans notre vie quotidienne. Cette interpellation directe, justifiĂ©e par le travelling de la camĂ©ra qui se rapproche de la tĂȘte de la victime en contre-plongĂ©e et en gros plan, est, je crois lâinterprĂ©tation la plus pertinente. En nous surplombant ainsi, le martyr semble vouloir signifier notre petitesse face Ă de telles horreurs par nĂ©gligence ou complicitĂ© et le rĂ©alisateur parachĂšve ainsi lâimpression de malaise quâil nous a donnĂ© tout du peut ĂȘtre le merci » du martyr qui doit encaisser les coups et qui doit encore en plus de ça remercier ses tortionnaires comme le Christ qui tend lâautre joue quand on le frappe et qui se sacrifie pour les hommes ; lui se sacrifiant pour le message dĂ©livrĂ©, pour les autres victimes rĂ©elles de harcĂšlements comme une sorte de sacrifice messianique en plus, soit dit en passant, ça ferait un lien avec la chanson le messie » dâIndochine.-Il peut ĂȘtre aussi pris dans sons sens moins connu de synonyme de misĂ©ricorde » implorer la merci de » ou le mercy » anglais » et ainsi ĂȘtre une demande de compassion, de pitiĂ©, et vouloir dire stop, arrĂȘtez le massacre ! » aux agresseurs en tout genre- hypothĂšse plus que dans ce mĂȘme sens, il pourrait ĂȘtre adressĂ© Ă Dieu en signe de misĂ©ricorde envers ses exĂ©cuteurs, comme le fit JĂ©sus PĂšre, pardonne-leur car ils ne savent pas ce quâils font »âŠB La richesse pĂ©dagogiqueLa polĂ©mique mĂ©diatique autour du clip pose la question de la lĂ©gitimitĂ© de la violence » dans une Ćuvre artistique. Si lâon suit Kafka qui Ă©crivait "On ne devrait lire que les livres qui vous mordent et qui vous piquent. Si le livre que nous lisons ne nous rĂ©veille pas dâun coup de poing sur le crĂąne, Ă quoi bon lire ? Le livre doit ĂȘtre la hache qui brise la mer gelĂ©e en nous", il nây a de bonne Ćuvre dâart que celle qui nous bouleverse ou qui nous pousse Ă la rĂ©flexion. Or nâest-ce pas ce que provoque ce clip et serait il aussi efficace sans cette violence assumĂ©e ?, il est clair que non. Son utilisation est au moins justifiĂ©e par le choc quâelle occasionne et toute prise de conscience passe par un choc » plus ou moins brutal allant du simple Ă©tonnement au saisissement le plus intense. En ce sens, cette violence imagĂ©e nous fait violence », elle nous rĂ©veille dans notre ignorance des choses ou au moins pourra attirer lâattention sur le phĂ©nomĂšne quâelle illustre. Donc si la violence fictionnelle du clip ne stoppera sans doute pas la violence rĂ©elle dans les lycĂ©es, elle permettra peut ĂȘtre Ă certains de prendre conscience de ce qui se passe ou au moins lui donne un visage, une image, et permet quâon en parle⊠La preuve en est les nombreux tĂ©moignages que lâon peut lire un peu partout dans les commentaires accompagnant les critiques du clip, et, si le harcĂšlement scolaire est peu mĂ©diatisĂ©, il constitue nĂ©anmoins une pratique courante. Bon ça on le savait dĂ©jĂ avant » va-t-on dire, mais câest bien de le rappeler et de le mettre en avant.Maintenant, je vais mâappuyer sur la critique dâun gros tocard qui nâa rien compris ou disons dâassez intellectuellement restreint pour ne pas vouloir comprendre, ou qui ne prend les choses quâau premier degrĂ©, ou bien encore qui se complait Ă garder ses ĆillĂšres pour apporter quelques remarques supplĂ©mentaire sur le sujet Pour autant, montrer la violence est une chose, mais l'exploiter d'un point de vue pĂ©dagogique est nettement plus dĂ©licat. » comme je le disait plus haut, la peut sâĂ©veiller avec des chocs, une prise de conscience », câest pourquoi la violence dans cette fiction en Ă©tant percutante est hautement pĂ©dagogique. Ce film ne montre aucune solution, alors qu'elles existent» câest un bon point, mais lĂ nâest pas lâenjeu du clip avec un format trop court pour cela et la premiĂšre des solutions est avant tout la prise de conscience du problĂšme par le plus grand nombre pour que les gens enlĂšvent leurs ĆillĂšres et rĂ©agissent. Est-ce que la nature fictionnelle de "College Boy" prend le dessus sur sa nature Ă©ducative ? » câest une trĂšs bonne question quoi quâon sâen fiche un peu. Proposons que la puissance du clip soit dâarriver Ă ĂȘtre les deux Ă la fois. Educatif car, on lâa dĂ©jĂ dit, il oriente le regard vers la rĂ©alitĂ© du harcĂšlement. Intelligemment fictif aussi de part lâexcĂšs dans la violence, le symbolisme. Mais comme je lâai dĂ©jĂ montrĂ©, lâarticulation des deux aspects donne une rĂ©sonnance plus forte Ă la partie rĂ©elle et ça câest de la trĂšs bonne pĂ©dagogie comme une allĂ©gorie, une fable ou encore un apologue met brillement en exergue une idĂ©e. Est-ce qu'un clip peut ĂȘtre pĂ©dagogique ? » pourquoi ne le pourrait-il pas ? Lâart est au moins pour une bonne partie, une maniĂšre de voir le monde et mĂȘme une maniĂšre de le voir autrement, sous un autre angle je conseille dâailleurs, Ă ce propos, lâexcellent film le cercle des poĂštes disparu » avec Robin Williams qui exprime magnifiquement cette idĂ©e. Il Ă©lĂšve et Ă©claire lâhomme en aiguisant son regard, sa conscience. Nâest ce pas lĂ lâintention de pĂ©dagogie - qui est art de transmettre, de partager des savoirs- dĂ©velopper un esprit critique, voir selon autre point de vue⊠? Câest prĂ©cisĂ©ment ce que permet brillamment ce clip faire comprendre et ressentir le malaise du maltraité⊠Il ne reste plus qu'une trĂšs pauvre critique sociale, oĂč le danger se cacherait partout, oĂč la trahison serait rampante. » Il nâest question ici, ni de danger, ni de trahison ! mais dâindiffĂ©rence, dâaveuglement, dâinsouciance. Ce nâest pas la profonde critique sociĂ©tale qu'on voudrait nous faire croire. Un simple clip vidĂ©o en somme. » Ce nâest pas une critique sociale non, ce nâest pas le propos mais seulement » la mise en exergue dâun problĂšme particulier voir un double problĂšme le harcĂšlement scolaire et lâintolĂ©rance face Ă la diffĂ©rence3 Le problĂšme de la crĂ©dibilitĂ© et de lâutilisation de la violence Je crois que certains nâont pas vraiment compris le sens de lâutilisation de lâhyper-violence crucifiement et fusillade en ne la trouvant pas crĂ©dible du tout too much » câest sans doute parce quâils nâont pas perçu quâelle est volontairement surenchĂ©rie pour mieux mettre en relief les taquineries plus anodines qui sont vĂ©cues comme telles par le persĂ©cutĂ© cf. le tout dĂ©but de mon analyseâŠPour dâautre câest lâimpertinence dâun tel emploi de violence qui pose problĂšme. Câest peut-ĂȘtre parce quâils nâont pas saisi le double degrĂ© de lecture de la scĂšne il y a, certes, la violence iconographique, visuelle, bien prĂ©sente, mais il y a surtout aussi la violence symbolique qui renvoie Ă la violence dans la rĂ©alitĂ©. Le CSA critique la premiĂšre et veut la censurer â Ă juste titre pour les plus jeunes ; les pro-Indo/Dolan dĂ©fendent lâusage et la pertinence de la seconde elle est communicatrice, pĂ©dagogique, efficace et esthĂ©tique. Je crois que lâexcĂšs de violence ne rend pas non-crĂ©dible la scĂšne mais quâau contraire, Ă©tant toute symbolique mĂ©taphorique, elle permet de la mieux apprĂ©hender. Cet excĂšs permet de faire Ă©cho, dâamplifier le message comme lorsquâon parle dans un haut-parleur. Et il faut bien comprendre aussi la rupture entre le rĂ©el et le virtuel Ă partir du moment il se fait clouer qui montre comment tout peur rapidement dĂ©raper, dĂ©gĂ©nĂ©rer en matiĂšre de violence. AprĂšs, on accroche ou pas Ă cette symbolique de la violence. JâespĂšre que mon dĂ©veloppement vous aura un peu permis dâen saisir la pertinence.
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chanson l indifférence c est ce silence